• Nous allons avoir à la bibliothèque, pendant quelques temps, un groupe d'étudiantes de l'Ecole du Louvre qui font des recherches architecturales sur la bibliothèque dans le cadre de la révision du Plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7e attondissement (PSMV).

    Il faut savoir que le PSMV a été créé en 1972 avec, comme priorité pour le 7e arrondissement, la sauvegarde du bâti du 18e siècle. Or, selon le plan du 6e secteur de ce PSMV, la bibliothèque est en en jaune, à pois verts :

    • en jaune : "immeuble dont la demolition pourra être imposée à l'occasion d'opérations d'aménagement"
    • pois verts : "espace vert à réaliser"

    Détruisez tout, Boileau reconnaîtra les siens !

    Extrait du 6e secteur du PSMV avant révision

     

    Donc, en résumé, on détruit la bibliothèque pour faire un jardin ! Normal, ce n'est qu'un bâtiment "industriel" du 19e siècle, construit entre 1869 et 1873 par l'architecte Louis-Auguste Boileau, précurseur dans l'usage des nouveaux matériaux  de l'époque (fer, fonte, verre).

    C'est ainsi que, en allant chercher le courrier il y a quelques années, j'avais trouvé dans la cour des membres de la commission de révision du PSMV en train de deviser sur l'oportunité de détruire la bibliothèque. Je les avais donc invités à entrer et leur surprise fut grande : comment avait-il été possible de considérer le bâtiment comme bon à détruire... ? Même s'il était du 19e siècle, sur une parcelle détachée de celle du n°52 au 18e siècle... ! Peut-être que personne n'était entré en 1972 et s'était contenté du constat extérieur : bâtiment industriel du 19e siècle ?

    Heureusement, comme la révision du PSMV va mettre l'accent aussi sur le bâti du 19e siècle, ils avaient convenu que ce serait finalement une bonne idée de conserver la bibliothèque... ouf, sauvés !

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  • Les lecteurs de la bibliothèque qui fréquentent les périodiques des 19e et 20e siècles savent qu'il peut y avoir des surprises à la réception de leur commande de document : trouver des journaux de grands format, non reliés, pliés et ficelés dans des boîtes trop petites pour eux. Vient alors le verdict affreux : non communicable !

    Modernité salutiste

    ficelé, plié... incommunicable ! (©SHPF, Paris)

     

    En effet, la piètre qualité du papier implique que tout dépliage transforme les journaux en puzzle : impossible à déplier, à manipuler, encore moins à lire.

    Il en est ainsi d'un périodique qui, petit à petit, redevient communicable après restauration : "En avant", journal du quartier général national français de l'Armée du Salut, publié de 1882 à 2002. Chez nous, il se trouve à la cote Fol P 62, et nous avons l'état de collection suivant : no. 5, 1882 - no. 692, 1896 ; no. 2055, 1924 - no. 2960, 1940 ; no. 3101, 1944 -.... [lac.50%] (le SUDOC est votre ami aussi !).

    Modernité salutiste

    Bandeau de titre de "En avant !" (©SHPF, Paris)

     

    Pour l'instant, ont été restaurées les années 1927 à 1935, et, au fil des numéros "raccommodés", on voit la richesse de l'activité de l'Armée du Salut en France : missions "habituelles" contre l'immoralité, l'alcoolisme, l'oisiveté, l'aide aux « sans taudis », aux femmes exclues, mais aussi la construction de la Cité-Refuge, construite par Le Corbusier, ou une série de reportages en Guyane pour dénoncer la double peine que constituait le bagne.

    On se rend donc compte de l'intégration de l'Armée du Salut dans le paysage urbain, mais aussi dans l'environnement socio-politique de l'époque : les inaugurations de bâtiments sont faites avec le président du Conseil de l'époque et le Préfet de la Seine, les fanfares salutistes descendent les Champs-Elysées... ce que l'on aurait du mal à imaginer aujourd'hui.

    Modernité salutiste

    Fanfare salutiste devant l'Arc-de-Triomphe, 1927 (©SHPF, Paris)

     

    Ce qui impressionne enfin, pour un journal de cette époque, c'est l'omniprésence des écrits et des portraits de femmes, à égalité avec ceux des hommes, et sur tous les sujets, pas seulement ceux qui portent sur l'économie domestique ou l'éducation des enfants... à méditer pour aujourd'hui aussi !

    Modernité salutiste

    Femmes salutistes à l'ouverture d'un poste à Calais, 1927 (©SHPF, Paris)

     

     

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  • Pour la rentrée du blog, nous commencerons par vous présenter un travail d'analyse bibliographique faite dans le Bulletin de la SHPF par Luc Daireaux, sur le protestantisme normand.

    P't-être ben qu'oui, p't-être ben qu'non

    Le temple protestant de Caen, construit en 1611 dans le Bourg-l'Abbé et détruit en 1685 (J. A. Galland, Essai sur l'histoire du protestantisme à Caen et en Basse-Normandie, de l'Édit de Nantes à la Révolution, Paris, Grassart, 1898, p. 545)

     

    Ainsi, vous pourrez trouver :

    Nous remercions M. Daireaux pour son travail et son signalement, et espérons qu'ils vous seront utiles.

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  • A la bibliothèque, nous aimons beaucoup quand, grâce à un chercheur, il devient possible d'améliorer le travail de description des documents que nous mettons à la disposition des lecteurs.

    C'est ce qui s'est passé cette semaine au sujet du fonds Ferdinand Buisson, constitué principalement de correspondance.

    Été buissonnier

    Ferdinand Buisson (©SHPF, Paris)

     

     Grâce à une chercheuse connaissant bien la période, qui a reconnu des écritures et des signatures, il a été possible d'identifier quatre correspondants supplémentaires :
     

    ... et de faire diminuer de 7 unités les lettres aux expéditeurs non identifiés... il n'y a pas de petites victoires !

    Nous vous proposons donc un inventaire le plus à jour possible du fonds Ferdinand Buisson (cote 022Y).

    télécharger l'inventaire « 022Y Ferdinand Buisson.pdf »

     

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  • Dans un endroit discret de la BPF, nous conservons un cahier de croquis dessinés par le colporteur biblique Dugrenier, entre 1860 et 1879, et dont il a fait don à la bibliothèque en 1879. En lisant la page de titre ci-dessous, vous pouvez avoir une idée des régions parcourues pendant cette vingtaine d'années.

    Voyage et colportage

    Page de titre du carnet de croquis (©SHPF)

     

    Dans le carnet, ce qui est remarquable, ce sont la fraîcheur des couleurs et la précision du trait.

    Les différents endroits dessinés donnent aussi une idée de ce à quoi pouvait ressembler, par exemple, la maison de Jean Calvin à Noyon et son environnement immédiat, avant sa destruction pendant la 1ère Guerre mondiale et sa reconstruction actuelle...

    Voyage et colportage

    Maison de Jean Calvin à Noyon, par Dugrenier (©SHPF)

     

    On peut aussi se rendre compte de la géographie urbaine du protestantisme dans certaines des villes visitées par le colporteur, comme à Montbéliard, où le temple est sur la même place que l'hôtel de ville, avec une statue de Georges Cuvier, anatomiste et paléontologue protestant du 19e siècle, natif de cette ville.

    Voyage et colportage

    Place de l'hôtel de ville de Montbéliard, par Dugrenier (©SHPF)

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