• Pour étudier l’histoire du protestantisme pendant la 2e Guerre Mondiale, outre l’incontournable fonds des témoignages de pasteurs et laïcs recueillis en vue du colloque organisé par la SHPF en 1992 : « Les protestants français pendant la seconde guerre mondiale »,, la bibliothèque disposait des fonds d’archives du pasteur  Marc Boegner (036Y) et du pasteur Frank Christol (039 Y). Deux fonds supplémentaires viennent compléter ces sources, les sermons du pasteur Paul Vergara (041 Y) et ceux du pasteur Andre-Numa Bertrand (MS 1635/ 1 bis), tous deux pasteurs à l’Oratoire de Paris pendant la période 1939-1945.

    L'autre "Der des Ders" (comme quoi...)

    Insignes des Français libres protestants (modèles 1941 et 1942), déssinés par le pasteur Christol. (© SHPF, Paris)

     

    Le fonds du pasteur Paul Vergara (1883-1965) couvre toute la période de son ministère, de 1909 à 1960. Il renseigne tout d’abord sur sa façon de travailler : ses sermons sont conservés, annotés, repris en partie ou dans leur totalité. Malheureusement, de nombreux textes sont non datés et/ou incomplets. On y trouve aussi les cours donnés par le pasteur Vergara aux catéchumènes pendant son ministère à l’Oratoire.

    Les sermons du pasteur André-Numa Bertrand (1876-1946) viennent s’insérer dans un fonds déjà constitué de ses divers travaux et correspondances. Il s’agit des sermons prononcés à l’Oratoire (dont le fameux du 14 juillet 1940), pendant la période 1933-1946.

    Vous pouvez donc télécharger ci-dessous, les inventaires :

     

    Rassurez-vous, pour ceux qui aiment les guerres, du 16e siècle à la Guerre d'Algérie, il y a encore bien d'autres ressources en archives à la SHPF...

     

    PS : n'oubliez pas : la bibliothèque est fermée du 25 avril au 3 mai inclus...

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  • Deux éléments concomitants viennent se télescoper dans cet article : une demande iconographique, et une communication de très très gros livres... qui donnent à réfléchir sur le portrait à travers le temps.

    Notre premier portrait est celui de Luther, en pied, dans son cabinet de travail, avec un bureau, une chaise dont la dureté apparente est adoucie par un coussin généreux, un lutrin sur le bureau pour incliner les ouvrages à lire ou écrire, des livres (petits et gros), un encrier, un sablier... et un cygne.

    Portrait aux livres

    Luther, gravure allemande, cote : LU42 (©SHPF, Paris)

    On peut raisonnablement se douter que Luther, dans son bureau, ne travaillait pas avec un cygne, qui a donc ici une valeur symbolique. Il fait référence à une phrase attribuée à Jan Hus, emprisonné et condamné à être brûlé vif par la papauté au Concile de Constance, qui déclara : "Ils peuvent tuer l'oie [dans sa langue, hus signifie oie], mais dans un siècle apparaîtra un cygne qu'ils ne pourront brûler !". Luther était ainsi surnommé "le cygne d'Eisleben" (sa ville de naissance), et d'autres portraits le montrent accompagné de cet animal.

    Vous pouvez aussi remarquer la mise en évidence, sur un premier plan par rapport à Luther, d'une grosse Bible posée par terre, dont on sait le contenu du fait que sa tranche est écrite ou peinte selon son titre. L'Ecriture prime sur le réformateur.

     

    Passons quelques siècles, et intéressons-nous au portrait ci-dessous : ce n'est pas un autoportrait photographique (il faut bien que les bibliothécaires servent encore à quelque chose...), car il est bien difficile de porter un livre de 20 kg d'une main pendant que l'on tient son smartphone de l'autre...

    Portrait aux livres

    Mr Drew, avec son aimable autorisation

    Il s'agit donc de M. Drew, qui fait des recherches sur l'histoire des impressions de Luther à Wittenberg, et se doit donc de vérifier livre en main ce type d'impressions du premier 16e siècle. Devant les lacunes de notre catalogue (fiches sans date ni nom d'imprimeur...), il a donc été amené à demander en même temps... les deux volumes quasiment les plus imposants que nous ayons (de ceux que l'on prend et que l'on range à deux, en haut de l'échelle, pour ne pas risquer de chuter sous leur poids sans être rattrapée par sa collègue...). Il a donc souhaité immortaliser cette monumentale rencontre par un portrait.

    Qu'y voit-on ? Un homme qui sourit, portant une énorme Bible, alors qu'une autre est posée sur un lutrin, lui-même sur une table de travail. Une prise branchée évoque, hors champ, la présence d'un ordinateur portable, et le temps qui passe est compté sur l'écran du téléphone qui a servi à prendre la photographie. On voit aussi que M. Drew n'est pas chez lui, mais dans une bibliothèque, dans laquelle la dureté des chaises n'est pas adoucie par des assises moelleuses (il ne faudrait pas exagérer, on n'est pas chez Google ® : étudier, ça doit faire mal à la tête ET au dos !)...

     

    Entre les deux portraits, donc, quelques différences : un sourire, le confort (c'était mieux avant...quoi que, question chauffage, peut-être pas, finalement !), le lieu (privé/collectif), la technique (gravure avec symbole/photographie réaliste)...

    Sinon, beaucoup de similitudes : l'ordinateur est l'encrier d'aujourd'hui, le smartphone un sablier moderne, le lutrin... un lutrin, la Bible... une Bible, l'érudit... un érudit (au moins en devenir) !

    Donc, n'hésitez pas : photographiez-vous ou faites-vous photographier avec votre livre ancien préféré, et épatez vos amis érudits avec une parenthèse de légèreté !

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  • Ces derniers temps, dans le cadre de la numérisation du fonds André (1), nous avons eu à faire des tables des matières d'extraits de l'Ancien Testament, publiés en hébreu biblique (vocalisé) par Robert Estienne au milieu des années 1540.

    La première surprise fut de constater que la numérotation des chapitres n'était pas en chiffres arabes ou romains, mais utilisait l'ordre des lettres de l'alphabet hébraïque pour compter :

    • première lettre (aleph) = 1
    • deuxième lettre (beth) = 2

    etc...

    Les appels de début de chapitre sont bien visibles en marge du texte principal :

    Sacrées mathématiques !

    8° 23503 RES. : début du 2e chapitre de I Samuel avec le beth (2) dans la marge (©SHPF)

    Cela donne un le tableau de numérotation suivant (petit rappel : dans chaque case en hébreu, la lecture se fait de droite à gauche...) :

    Sacrées mathématiques !

    En même temps, si vous regardez bien le tableau, vous verrez une autre surprise : le 15 n'est pas obtenu, comme ses camarades de dizaine, en additionnant 10+5, mais 9+6. Si le résultat est le même, l'écriture en est très différente.

    Et j'ai donc demandé à une lectrice qui a écrit ce livre, si elle pouvait m'éclairer sur cet étonnement. Voici le résumé de nos échanges :

    • LaBPF : - Pourquoi, dans ce contexte, c'est 9+6 qui est utilisé et non 10+5 ?
    • Mme Schwarzfuchs : - Voici la réponse : Youd[10]* hé[5]* correspond au nom de Dieu et il est interdit aux juifs de le prononcer. Donc on remplace ce chiffre par têt[9]* waw[6]*.
    • LaBPF : - Je savais que c'était le tétragramme complet qu'il était interdit de prononcer, mais je ne savais pas qu'il en était de même pour ces deux caractères dans cet ordre.
    • Mme Schwarzfuchs : - les deux caractères sont encore plus interdits!

     

    Bon, il était aussi possible d'aller voir sur Wikipédia, mais il y a quand même une différence : dans nos volumes, le 16 est bien rendu par 10+6, ce qui semblait donc possible au milieu du XVIe siècle mais pas aujourd'hui... à moins que Robert Estienne n'ait pas eu connaissance de cette interdiction ou n'en ait pas tenu compte... ?(2)

    * les mentions entre crochets ont été rajoutées par LaBPF

    (1) Pour les personnes intéressées par le mécénat, le projet continue sur 2015...

    (2) Commentaire de Mme Schwarzfuchs après avoir lu cet article : "L'interdiction pour le 16 est moins sévère que pour le 15. Raison pour laquelle Estienne n'en tient pas compte."

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  • La BPF vous souhaite une très bonne année 2015, pleine de manuscrits inédits, de recherches approfondies, de nouveaux développements de recherches anciennes... sans compter ce que vous pouvez souhaiter de meilleur pour 2015 !

    Nous vous proposons donc de placer cette année sous les auspices de cette image :

    Voeux 2015 

    extrait de "Toonneel der Evangelize Bloedgetuygen, in meer dan Hondert Print-Tafereelen ; afgemaald en in't koper gebragt, door Jan Luyken", André 1037 (©SHPF)

    Certains d'entre vous la connaissent et savent ce qu'elle raconte ; d'autres l'ont peut-être déjà croisée, et y voient juste un homme essayant d'en sauver un autre, pris dans l'eau gelée d'un lac dont la glace a rompu...

    Or, cette image raconte une histoire précise, qui s'est déroulée en 1569 : celle de Dirk Willems, un anabaptiste hollandais, arrêté et condamné à mort pour ses croyances, qui réussit à s'échapper de sa prison. Repéré par les gardes, lors de sa fuite, il passe sans problème sur un lac gelé, mais le soldat qui le poursuit, plus lourd, voit la glace céder sous son poids. Le soldat appelle au secours, et Dirk Willems revient sur ses pas pour le sauver : l'image raconte ce moment-là. Le soldat sauvé a arrêté Dirk Willems, qui a été conduit au bûcher peu après (pour plus de détails).

    Cette image, gravée par Jan Luyken dans une série sur les martyrs chrétiens, est l'incarnation de la compassion pour l'ennemi, de la compassion pour l'être humain quel qu'il soit, de la valeur de toute vie humaine...

    Joli challenge pour 2015, non ?

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  • Comme chaque année, la bibliothèque va fermer pour les vacances de Noël.

    Parenthèse

    André 42, extrait de l'image 401 (©SHPF)

    Cette année, la bibliothèque sera fermée du 24 décembre 2014 au 4 janvier 2015 inclus.

    Pour connaître toutes les fermetures de la bibliothèque, cliquez ICI.

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