• L'Église française de Londres a ouvert sa salle d'exposition, et a eu la bonne idée de rééditer la 2e version de la broche des Forces Françaises Libres protestantes, éditée pour la première fois pendant la Seconde guerre mondiale.

    Dérives et dérivés

    À gauche, la réédition 2015 (©SHPF, Paris pour l'image), à droite l'original, conservé dans les archives de l'Église protestante française de Londres (©EPFL)

    Ils sont beaux, non (même si ce n'est pas facile de prendre les reflets métalliques en photo...) ?

    Et en plus, ils sont pleins de symboles intéressants :

    • "RESISTEZ" : évidemment, pendant la Seconde Guerre mondiale, cela nous place du côté de la résistance. Mais, ce "résister" est un renvoi direct à un "register" (ie résister en patois vivarais), gravé dans la pierre de la Tour de Constance.

    Dérives et dérivés

    Le "Register" de la Tour de Constance (©Gilles Despins)

    • justement, voici la silhouette de la Tour de Constance : les hommes pris dans des assemblées protestantes interdites étaient envoyés aux galères, et les femmes, dans cette tour insalubre, où elles survivaient entre paludisme, tuberculose, malnutrition, où elles accouchaient, mourraient, priaient, et, pour certaines, abjuraient... Marie Durand y est restée enfermée 38 ans à "résister".
    • La croix de Lorraine : elle est là comme symbole de la France Libre (pas comme meuble héraldique des ducs d'Anjou puis de Lorraine, ni comme symbole du gaullisme après guerre)
    • La croix huguenote (version saint-esprit) : dérivée de la croix de l'Ordre du Saint-Esprit, fondé par Henri III au cours des guerres de religion et dont les protestants étaient justement exclus... et portée par les Protestants pendant, entre autres, la période du Désert... encore un symbole de résistance et de fermeté...
    • un peu de bleu, de blanc et de rouge... pas besoin d'insister !

     

    Ce badge est donc un fabuleux télescopage historique et symbolique, religieux et politique. Mais, si vous aimez l'idée (et la réalité) d'une France libre hier, aujourd'hui et demain ;  si les persécutions religieuses ou idéologiques vous donnent envie de résister (à la peur, aux amalgames, à l'abdication de l'intelligence...); si la constance et la fidélité dans ce à quoi vous croyez vous inspire, montrez-le : nous avons quelques badges à vous proposer (5,35 € + frais de port).

     

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  • ... mais celle de 1914-1918. De même qu'un extrait de nos inventaires d'archives avait été fait concernant les correspondances de pasteurs, il nous avait été demandé, pour le centenaire de la Première Guerre mondiale, de faire un extrait concernant cette période.

    Cela n'a pas été possible, faute de temps, pour 2014, mais il ne sera pas dit qu'il aura fallu attendre 2018 pour l'avoir !

    Foyer du soldat

    Dessin issu du MS 1770 : Livre d'or du Foyer du Soldat de l'Union franco-américaine, à Rupt-aux-Nonains puis Nancy (©SHPF, Paris)

    A télécharger ci-dessous, donc, un extrait des sources concernant la Première guerre mondiale à la SHPF, fait avec un point de vue assez large : vous y trouverez aussi des sources concernant l'immédiat après-guerre (Foyers du Soldat en 1919-1920), l'occupation de la Rhénanie, ou le mouvement pacifiste né de ce charnier. Dans la colonne "date", il s'agit des dates extrêmes du fonds, et dans la colonne "description", le type de documents directement liés à la période que vous trouverez dans le fonds.

     

     

    Télécharger « 1914-1918 Sources.pdf »

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  • En ce moment, entre la Fête de la Réformation (qui est plutôt une commémoration...), Halloween (qui est plutôt... euuuhhh ?), la Toussaint (la... quoi, dites-vous ?), la commémoration des fidèles défunts (vous avez dit purgatoire ?), et bientôt le 11 novembre, la mémoire et la mort sont souvent "à la fête"...

     

    Pour faire à la fois dans la mémoire, la mort, le christianisme et la Journée du souvenir, nous vous proposons la transcription d'une très belle lettre de condoléances envoyée par le général Koenig au Pasteur Christol, aumônier protestant des Français Libres, lors du décès au combat de son fils Jean-Claude :

    Militaria de circonstance

    Frank Christol en uniforme d'aumônier des FFL (©SHPF, Paris)

    "Londres, le 15 août 1944

    Monsieur l'Aumônier,

     J'ai reçu avec tristesse, par votre lettre et par le carton de faire part, la nouvelle de la mort de votre fils Jean Claude.

    Étant donné que vous avez vous-mêmes consacrée votre vie à l'apostolat, je ne me permettrai pas de vous adresser des condoléances habituelles. Vous savez mieux que quiconque où votre fils est allé, pourquoi il y est allé. Pour reprendre la phrase que vous inscrivez sur son faire part, Jean Claude Christol n'est pas un malheureux puisqu'il avait l'espérance en Christ non seulement pour cette vie mais aussi pour l'autre vie, celle qu'il vient de commencer.

    Mais toutefois, puisque je suis soldat depuis 28 ans, laissez moi vous dire que la mort qui est venue le trouver bien tôt est sans nul doute la plus belle qu'un homme puisse trouver sur sa route : c'est la mort d'un soldat qui disparait dans sa prime jeunesse pour libérer son pays.

    Ceci ne peut consoler ni ses parents, ni ses frères et sœurs. Mais, à lire les états de services de la famille, on sait que les uns et les autres supporteront bravement leur douleur.

    Veuillez, je vous prie, Monsieur l'Aumônier, me croire,

    votre [signature, cachet]"

    Militaria de circonstance

    Lettre du général Koenig au pasteur Christol (©SHPF, Paris)

     

    Cette lettre a été trouvée dans le fonds du pasteur Christol, feuilleté suite à une demande de l'Eglise protestante française de Londres, qui va organiser, pour le 11 novembre, une exposition (voir téléchargement ci-dessous) incluent le rôle de cette paroisse dans le soutien des Français Libres pendant la 2e Guerre Mondiale.

     

    Télécharger le flyer de l'exposition proposée par l'Eglise protestante française de Londres

     

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  • Si vous venez en ce moment dans la salle de lecture de la bibliothèque, vous pourrez voir qu'il manque un élément habituel : Moïse présentant les Tables de la Loi, peint sur panneau de bois :

    Tous les prophètes ne sont pas cévenols...

    Moïse présentant les Tables de la Loi (©SHPF/JS, Paris)

    Si ce tableau n'est plus dans la salle de lecture, c'est parce qu'il a été prêté au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme, pour une exposition sur "Moïse, figures d'un prophète", du 14 octobre 2015 au 21 février 2016. Regardez aussi la rubrique "Autour de l'exposition" : conférences, colloques, cinéma, ateliers... ça promet !

    Pour la petite histoire, ce décalogue est typiquement protestant, car, au lieu de fusionner, comme dans le catholicisme, "Tu n’auras pas d’autres dieux que moi. Tu ne feras aucune image sculptée..." en un seul commandement (qui relègue un peu - au passage-, la question de l'idolâtrie... comme c'est bizarre...), ces deux interdictions forment deux commandements bien distincts... Forcément, du coup, le 10e commandement concerne à la fois la femme et les biens de ton prochain (éclatés en deux commandements distincts dans le catholicisme : le compte est bon !).

    Ce type de tableau faisait partie des éléments de décoration de certains temples protestants, ou de chapelles privées protestantes :

    Tous les prophètes ne sont pas cévenols...

    Tables de la loi dans la chapelle protestante du Château de Chamerolle (©Département du Loiret)

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  • Aujourd’hui, 30 septembre oblige, ce n’est pas seulement l’anniversaire de la loutre bleue, c’est surtout la Journée mondiale de la traduction, Jérôme de Stridon (plus connu sous le pseudonyme de "saint Jérôme"...) oblige…

    Bible et Sébastien...

    La Vulgate  n’était pas au 16e siècle la tasse de thé exégétique des Protestants, qui ont donc œuvré pour une traduction biblique en langue vernaculaire qui se fonde sur de nouvelles traductions de la Bible hébraïque pour l’Ancien Testament, et des textes grecs pour le Nouveau Testament.

    Plutôt que de, classiquement, parler de l’éternelle Bible d’Olivétan, éditée par Pierre de Vingle en 1535, avec préface de Calvin, nous allons donc vous faire goûter, un tout petit peu, histoire de vous donner envie, aux délices de la Bible de Sébastien Castellion, éditée en 1555, ouvrage que Calvin n’aimait pas du tout du tout, notamment(1) parce qu’il considérait le niveau de langage, « trop » populaire, comme une sorte de manque de respect à la majesté biblique…

    Bible et Sébastien...

    Page de titre de la Bible de Castellion, 2° 650 (©SHPF, Paris)

    Et pourtant, jolie tentative de Castellion que de proposer une traduction biblique qui soit compréhensible par tous (à l'époque, évidemment...), qui soit littérairement très poétique dans les psaumes et cantiques, qui utilise des expressions populaires (notamment dans les parties dialoguées), des formulations intelligibles… et qui reconnaisse que des passages sont obscurs et peuvent être traduits/compris de différentes façons…

     

    Goûtons autrement la poésie de certains titres de psaumes :

    • Psaume XXII : Seaume de Dauid sur la biche de l'aube du iour pour être entonné.
    • Psaume XLV : Enseignement des enfans de Coré, pour être entonné aux roses, chant d'amourettes.
    • Psaume LVII : Pour être entonné de la colombe muette lointaine, Michtam de Dauid, quand les Palestins le prindrent a Geth.

     

    Petit parallèle Bible de Castellion/Olivétan :

    Bible et Sébastien

    (cliquez dessus pour lire plus aisément...)

    En espérant que cela vous aura donné envie de varier les traductions bibliques... même du 16e siècle !

    Et la Bible de Castellion a été rééditée en 2005 !

     

    (1) Bon, il faut ajouter que Castellion et Calvin avaient un « petit différend » annexe, sur le sujet - ô combien d’actualité -, de savoir s’il est légitime, ou non, de brûler des gens pour des motifs de désaccord religieux (hérésie). Pour Castellion : « Tuer un homme, ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. » Efficace, du vrai humanisme pêchu comme on peut encore l’aimer aujourd’hui…

    (2) Ah, l'esprit qui se balance... ou le vent qui se démène... ?

    (3) Pour la TOB, les "amourettes" sont devenu des "caresses"... nettement plus... explicites !

    (4) Note de Castellion dans la marge : "pour bendée" signifie "pour putain", donc, plus proche de la TOB ("pour que je n'aie pas l'air d'une coureuse"), que du très très sous-sous-entendu de la Bible d'Olivétan... un peu de puritanisme avant l'heure, peut-être ?

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