• Modernité salutiste

    Les lecteurs de la bibliothèque qui fréquentent les périodiques des 19e et 20e siècles savent qu'il peut y avoir des surprises à la réception de leur commande de document : trouver des journaux de grands format, non reliés, pliés et ficelés dans des boîtes trop petites pour eux. Vient alors le verdict affreux : non communicable !

    Modernité salutiste

    ficelé, plié... incommunicable ! (©SHPF, Paris)

     

    En effet, la piètre qualité du papier implique que tout dépliage transforme les journaux en puzzle : impossible à déplier, à manipuler, encore moins à lire.

    Il en est ainsi d'un périodique qui, petit à petit, redevient communicable après restauration : "En avant", journal du quartier général national français de l'Armée du Salut, publié de 1882 à 2002. Chez nous, il se trouve à la cote Fol P 62, et nous avons l'état de collection suivant : no. 5, 1882 - no. 692, 1896 ; no. 2055, 1924 - no. 2960, 1940 ; no. 3101, 1944 -.... [lac.50%] (le SUDOC est votre ami aussi !).

    Modernité salutiste

    Bandeau de titre de "En avant !" (©SHPF, Paris)

     

    Pour l'instant, ont été restaurées les années 1927 à 1935, et, au fil des numéros "raccommodés", on voit la richesse de l'activité de l'Armée du Salut en France : missions "habituelles" contre l'immoralité, l'alcoolisme, l'oisiveté, l'aide aux « sans taudis », aux femmes exclues, mais aussi la construction de la Cité-Refuge, construite par Le Corbusier, ou une série de reportages en Guyane pour dénoncer la double peine que constituait le bagne.

    On se rend donc compte de l'intégration de l'Armée du Salut dans le paysage urbain, mais aussi dans l'environnement socio-politique de l'époque : les inaugurations de bâtiments sont faites avec le président du Conseil de l'époque et le Préfet de la Seine, les fanfares salutistes descendent les Champs-Elysées... ce que l'on aurait du mal à imaginer aujourd'hui.

    Modernité salutiste

    Fanfare salutiste devant l'Arc-de-Triomphe, 1927 (©SHPF, Paris)

     

    Ce qui impressionne enfin, pour un journal de cette époque, c'est l'omniprésence des écrits et des portraits de femmes, à égalité avec ceux des hommes, et sur tous les sujets, pas seulement ceux qui portent sur l'économie domestique ou l'éducation des enfants... à méditer pour aujourd'hui aussi !

    Modernité salutiste

    Femmes salutistes à l'ouverture d'un poste à Calais, 1927 (©SHPF, Paris)

     

     

    « P't-être ben qu'oui, p't-être ben qu'nonDétruisez tout, Boileau reconnaîtra les siens ! »
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